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    Du nouveau, plein de nouveaux... et que des bonnes choses!!!

    Bonjour à vous, Merci pour les messages blogs et mails....
     
    S'il y a un bon moment que je n'ai rien ajouté c'est que tant de choses ont changés... pour le mieux..... il y aurait maintenant fort à faire et beaucoup à dire!!!!
     
    Nouveau boulot, beaucoup plus stimulant, en plus de la reprise de mes fonctions aux archives.... Ce qui m'occupe passablement....
     
    Nous sommes finalement emménagés dans notre nouvelle maison. C'est énormément de choses à faire mais tout y est formidable, la maison, le terrain, le quartier, même nos locataires et les voisins!!!!
    Il a fallut tout repeindre en entier, faire une cession de bail et trouver un nouvel occupant in-extremis et démarer notre piscine qui ressemblais davantage à un "monstre des marais".
    Entre les feux dans la cours le soir, les balades avec les toutous dans le quartier et les randonnées jusqu'à la grève avoisinante, les soirées sont trop courtes et tout va trop vite pour que nous puissions en profiter à notre goût!!!
    Nous venons tout juste d'avoir notre nouveau branchement internet... Ce qui n'aidait pas à l'entretient de mon site et ce qui m'a un peu ralentie dans les réponses à mes mails. J'ai changée d'adresse courriel, l'ancienne n'est plus fonctionnelle, faites-moi signe pour avoir ma nouvelle adresse.
     
    Finalement, j'ai assistée à ma collation des grades, j'ai donc officiellement diplômée. Je suis admise en septembre à la maîtrise en archivistique, changement au programme et je reporte donc simplement ma thèse en histoire à un moment ultérieur. La maîtrise en archivistique étant avec stage, je suis certaine de tout boucler d'ici deux ans et même de pouvoir effectuer mon stage en Italie, comme je le souhaitais au départ.
     
    Tout est donc pour le mieux!!!!
     
    Je me prépare a annexer les derniers travaux que j'ai réalisée, en attendant je vais reprendre ma correspondance à un rythme plus soutenue. J'ai aussi de nouvelles photos qui seront ajoutées sous peu.
     
    Tout mon soutient à un ami qui vit une période sombre, je continuerai de le supporter et de l'aider de mon mieux.
    Tout mes encouragement et mes meilleures pensées à mon ami encore en Afghanistan, j'ai eue trop peu de ses nouvelles dernièrement mais chacunes d'elles me réconfortent!
    Pied de nez en passant à une personne jalouse et incompréhensive, ce que je laisse paraître sont des info générales frappantes pour quiconques me connaît un tant soit peu.... mon jardin secret demeure et demeurera immense et à découvrir!
     
    En vous souhaitant à tous un très bel été, de bonnes vacances tandis que j'attends fébrilement les miennes... et à très bientôt à tout ceux qui prennent la peine de me visiter, me lire et m'écrire!!
     

    FreeCompteur Live
     
     

    Bonjour! vous naviguez dans mon univers depuis:
    Bonne visite!

    Shakespeare et le soleil....


    Bonjour! Quelle belle journée.... je me languis du printemps et des chaudes journée.....
    En attendant voici quelques citations de Shakespeare parlant du soleil (il y en a beaucoup d'autres!)
    Et essayez de profitez des quelques belles journée d'ici l'arrivée réelle du printemps.
     

    O! how this spring of love resembleth

    The uncertain glory of an April day,

    Wich now shows all the beauty of the sun,

    And by and by a cloud takes all away!

    (Shakespeare, The two gentlemen of Verona)

     

    Study is like the heaven’s glorious sun,

    That will not be deep-search’d with saucy looks;

    Small have continual plodder ever won,

    Save base authority from others’ books.

    These earthly godfathers of Heaven’s lights

    That give a name tu every fixed star,

    Have no more profit of their shining nights

    Than those that walk and wot not what they are.

    (Shakespeare, Love’s labour lost)

     

    Lear:                So young, and so untender?

    Cordelia:            So young, my lord, and true.

    Lear:                Let it be so; thy truth then be thy dower:

    For, by the sacred radiance of the sun,

    The mysteries of Hecate and the night,

    By all the operation of the orbs

    From whom we do exist and cease to be,

    Here I disclaim all my paternal care,

    Propinquity and property of blood,

    And as a stranger to my heart and me

    Hold thee from this for ever.

    (Shakespeare, King Lear)

     

    The self-same sun that shines upon his court

    Hides not his visage from our cottage, but

    Looks on alike.

    (Shakespeare, The winter’s tale)

    La St-Patrick, 17 mars, un peu d'histoire....

    Voici prochainement arriver la St-Patrick.....
    L'occassion d'une bonne bière verte certe, mais peu de gens connaissent l'origine de cette fête. Voici donc:
     

    Il est bien difficile de séparer la légende de l'histoire vraie lorsque l'on parle de St Patrick . Au V ème siècle (432), Patrick a 16 ans lorsqu’il est victime d'un raid des Celtes à la recherche de main d'œuvre en Grande-Bretagne. Après avoir été berger, il s'enfuit en Gaule où il est ordonné moine au monastère de Leirins, près de Cannes. Puis devenu évêque, il revient en Irlande pour l'évangéliser avec succès et sans violence. La tradition prétend qu'il a chassé les serpents du pays les bannissant à jamais. Un seul lui aurait résisté. Mais Patrick lui demanda d'entrer dans une caisse. Le serpent se défendit prétendant qu'elle était trop petite. Puis voulant prouver qu'il avait raison, entra dans la boîte. Patrick en profita pour la fermer et la jeter à la mer. (En fait il n'y aurait jamais eu de reptiles depuis que le pays fut séparé du continent à l'ère glaciaire. Cette histoire est surtout symbolique de la fin des rituels païens car le serpent est un symbole que l'on retrouve souvent dans ces religions.) Patrick convertit les chefs de guerre et les princes, les baptisant, ainsi que plusieurs milliers de leurs sujets à Holy Wells. L'évêque est à l'origine de la tradition monastique et missionnaire de la terre dont il devient le Saint Patron.

    L'autre légende irlandaise essentielle est celle du trèfle (Shamrock, à 3 feuilles et non 4) qui symbolise la croix et la Sainte Trinité. Avant l'ère chrétienne, la plante était sacrée pour les druides. St Patrick s'en servit pour illustrer l'existence de la Saint Trinité dans ses prêches.
    (Il
    est intéressant de noter que le trèfle est d'ailleurs un remède contre les morsures de reptiles et de scorpions).

     

    Pour en savoir plus: http://membres.lycos.fr/evelynebedard/St-Patrice/histoire.htm

     

    Et Bonne St-Patrick à tous (en vous rappelant que la modération à toujours meilleur goût!)

    My guessbook!!! Welcome! Bienvenue!

     

     

    ** Sign my guessbook! **

    ** Bienvenue à tous! **

     

    Bonjour amis cinéphiles!!

     J'ai rajouté des images de mes films préférés, je ferai une fiche technique pour chacun. Vos commentaires sur ces films sont très appréciés! bonne journée!

    Fables d'Ésope.... les reconnaissez-vous?

    La fourmi et le hanneton
       Par un jour d'été, une fourmi errant dans la campagne glanait du blé et de l'orge qu'elle mettait de côté pour s'en nourrir à la mauvaise saison. La voyant faire, un hanneton s'étonna de la trouver si dure à la tâche, elle qui travaillait à l'époque même ou les autres animaux oublient leurs labeurs pour jouir de la vie. Sur le moment, la fourmi ne dit rien. Mais plus tard, l'hiver venu, quand la pluie eut détrempé les bouses, le hanneton affamé vint la trouver pour lui quémander quelques vivres: "O hanneton!", lui répondit alors la fourmi, "si tu avais travaillé au temps ou je trimais et ou tu me le reprochais, tu ne manquerais pas de provisions aujourd'hui."
       De même, quiconque en période d'abondance ne pourvoit pas au lendemain connaît un dénuement extrême lorsque les temps viennent à changer.
     
    Le corbeau et le renard
      Un corbeau qui avait enlevé un morceau de viande, puis s'était perché sur un arbre. Un renard l'aperçut. Voulant s'emparer de sa viande, il vint se tenir devant lui et entreprit de louer sa belle taille et sa prestance; en outre, nul autre oiseau ne méritait plus que lui la royauté, qu'il aurait sans doute obtenue, pour peu qu'il eut de la voix! Le corbeau, pour lui prouver qu'il en avait bien, laissa tomber la viande et croassa de toutes ses forces. Alors le renard se précipita et, saisissant la viande: "O corbeau", déclara-t-il, "si tu avais aussi de la cervelle, il ne te manquerait rien pour régner sur tous les animaux!"
      Cette fable s'applique aux imbécile
     
    Et juste pour le curieux (et le comique) de cette fable:
    Zeus et la Pudeur
       Quand il eut façonné les hommes, Zeus mit en eux les diverses dispositions, n'oubliant que la seule Pudeur. Ne sachant par ou l'introduire, il lui ordonna donc d'entrer par l'anus. La Pudeur, mortifiée, commença par protester, mais comme Zeus redoublait ses instances: "Eh bien, soit!", dit-elle enfin; "j'entre, mais à une condition: si quelqu'un d'autre entre derrière moi, je ressors aussitôt!" Voilà pourquoi, depuis lors, les prostitués n'ont aucune pudeur.
       Cette fable pourrait s'appliquer aux efféminés!
     
    Sacré Ésope!!!!!

    amitié

    Mes secrets les plus intimes
    Tu sais les garder
    Mes rêves les plus ambitieux
    Tu sais les encourager
    Mes peurs les plus profondes
    Tu sais les atténuées
    Mes désespoirs les plus sombres
    Tu sais me les faire oublier
    Mes succès les plus grands
    Tu sais les féliciter
     
    Voilà à quoi l'on reconnait une vraie amitiée!

    FreeCompteur.com Bienvenue!

    Visite 360° du Machu Picchu

    Bonjour,
    Voici un lien "comme si vous y étiez" ... j'ai tellement hâte d'y être! La visite vaut la peine et aidera votre espagnol!!!
     

    Sites des plus beaux musées du monde

    Bonjour, voici une liste (encore incomplète) des plus beaux musées du monde... À défaut de pouvoir tous les visiter immédiatement, ces sites s'avèrent fort intéressants.... Bonnes visites!! Je ne suis malheureusement pas très aux fait des musées orientaux, si vous connaissez de bonnes adresses n'hésitez pas à me les envoyers... si j'ai commis de graves omissions aussi!! ;)
    http://www.polomuseale.firenze.it/bargello/ (musée du Bargello à Florence)
    http://www.thais.it/scultura/rgb1.htm (Gallerie Borghèse à Rome)
    http://www.egyptianmuseum.gov.eg/ (The egyptian museum, musée du Caire, Égypte)
    http://www.salvador-dali.org/ (Musée Dali, Figueras, Espagne)
    http://www.rom.on.ca/index_fr.php (Musée royal de l'Ontario, Canada)
    http://www.musee-mariemont.be/ (Musée royal de Mariemont, Belgique)
    http://museoprado.mcu.es/home.html (Musée du Prado, Madrid)
    http://www.museoegizio.it/ (Musée Égyptien de Turin, Italie)
    http://www.museonazionaledelcinema.org/ (Musée national  du cinéma de Turin)
    http://www.museum.ie/ (Musée national de l'irlande, Dublin)
    http://www.nms.ac.uk/nationalmuseumhomepage.aspx (Musée national de l'Écosse, Edinbourg)
    http://www.polomuseale.firenze.it/uffizi/ (Musée des Offices, Florence)
    http://www.metmuseum.org/home.asp (Metropolitain museum of art, New-York)
    http://www.toweroflondontour.com/ (Tour de Londre et visite virtuelle, Londre)
    http://www.royalbcmuseum.bc.ca/MainSite/default.aspx (Musée royal de la Colombie Britannique, Canada)
    http://www.africamuseum.be/ (Royal museum for Central Africa, Belgique)
    http://www.royalsaskmuseum.ca/ (Musée royal de la Saskatchewan, Canada)
    http://www.vanmuseum.bc.ca/ (Musée royal de Vancouver, Canada)
    http://americanart.si.edu/index3.cfm (Smithsonian America art museum, Washington DC, USA)
    http://www.citymuseumdc.org/ (Historical ociety of Washington DC, USA)
    http://www.annefrank.org/content.asp?pid=1&lid=5 (Site officiel de la maison d'Anne Frank, Amsterdam)
    http://perso.orange.fr/musee.jeannedarc/index.htm (Musée Jeanne d'arc, Rouen, France)
    http://www.musee-moyenage.fr/ (Musée national du Moyen-âge, Musée de Cluny, Paris)
    http://www.musee-rodin.fr/ (Musée Rodin, Paris)
    http://www.ushmm.org/ (United states Holocaust museum, Washington DC, USA)
    http://www.allardpiersonmuseum.nl/ (Allard Pierson museum, Amsterdam)
    http://sbmp.provincia.venezia.it/mir/musei/venezia/home_a.htm (Musée archéologique de Venise, Italie)
    http://www.museopoldipezzoli.it/ (Musée Poldi Pezzoli, Milan, Italie)
    http://www.archeona.arti.beniculturali.it/sanc_it/mann/home.html (Musée archéologique de Naples, Italie)
    http://www.mnarteantiga-ipmuseus.pt/ (Musée national d'art antique, Lisbonne, Portugal)
    http://museodeamerica.mcu.es/ (Musée des Amériques, Madrid)
    http://www.mna.inah.gob.mx/ (Musée national d'anthropologie, Mexico)
    http://www.museoreinasofia.es/portada/portada.php (Musée d'art de la reine Sophie, Madrid)
    http://www.soumaya.com.mx/ (Musée Soumaya, Mexico)
    http://www.snm.sk/ (Musées de Slovénie)
    http://www.hermitagemuseum.org/ (the State hermitage museum, St Petersburg)
    http://www.regione.umbria.it/cultura/musei/TODI/MUS_PIN/index.htm (Museo Pinacoteca Palazzo Communale, Bologna)
    http://www.museoscienza.org/ (Musée Leonard de Vinci, Milan)
    http://www.museupicasso.bcn.es/cast/index_cast.htm (Musée Picasso, Barcelone, Espagne)
    http://www.culture.gr/2/21/214/21405m/e21405m1.html (Musée archéologique d'Athènes, Grèce)
     
    Et finalement, le "web gallery of art" qui est une base de donnée pour la peinture en Europe
    et la "réunion des musées nationaux" qui offre l'une des plus belle banque d'images des musées de France

    Lien vers un jeu "intelligent"

    Bonjour, voici un lien vers un jeu de géographie très bien fait, intelligent et gratuit.... attention si vous pensiez être doués. Les niveaux de difficultés sont surprenant. Il s'agit de placer les pays et/ou capitales et/ou entitées géographiques de l'Europe.
    Bon divertissement!!!!

    Ainsi va la vie (1)

    Bonjour!
    Sur cette page j'ai mis quelques travaux en cours d'exécution, tant pour mon certificat en archivistique que pour mon bac. (Je ne crains pas la critique et j'adore les commentaires que je lis attentivement! merci!) Les photos me représentent bien, j'adore les photos de voyage... d'ailleurs je ne tient plus en place à cette période de l'année...... J'ai mis aussi des photos de mes deux sauts en parachute, le premier fait avec ma soeur, et le second avec ma soeur et mon frère pour les 18 ans de ce dernier. C'est une expérience innoubliable qui vaut vraiment la peine!!!! (Pour tout ceux qui hésitent...... LETS GO!!!!!!) Les images cutes, images 3d, pas croyables et stéréogrammes sont là pour votre bon plaisir, j'aime à me divertir avec ce genre de trucs qui donne è penser un peu.... disons que ça change le mal de place après un blitz d'étude!!!
    Semaine de lecture enfin... ça me donne un petit moment pour me reposer et faire le point.....
    Beaucoup de projets pour les prochains mois, je termine à la fois mon bac et mon certificat, j'ai très hâte de passer à la maîtrise enfin!!!
    J'attends toujours des nouvelles des archives pour mon renouvellement de contrat, j'espère bien en avoir sous peu.... Je travaille à contrat depuis 5 ans pour les archives nationales, nous faisons la description et l'indexation des registres de la Nouvelle-France (Civils, criminels, prévôtés, Amirautés, procès-verbaux d'arpentages, biens des Jésuites, ... et fonds spéciaux) le tout dans le cadre du projet Champlain pour les fêtes de Québec 2008 (400ème anniverssaire de la première ville en Amérique) En bref, c'est une vaste entreprise de numérisation des documents du régime français, il y a déjà plus d'un million d'images en ligne sur le portail des archives Canada/France. J'adore ce boulot.
    Je déménage en juin dans notre nouvelle maison (la photo de la maison est sur ma page)! C'est très motivant l'achat de sa première maison ... et nous avons plutot bien choisis la notre. C'est un grand triplex dans un  très beau quartier de Beauport, je vais enfin avoir mon terrain, une vaste cours pour y faire jouer mes toutous (j'ai 3 petits caniches, dont les photos sont sur ma page, et ma soeur en a un), une terrasse avec une piscine pour les BBQ l'été et un foyer dans mon grand salon pour faire mieux passer les longues soirées d'hiver.
    J'organise mon prochain voyage à destination du Pérou pour le mois d'août (Cuzco, Machu Picchu, Pisco, Lac Titicaca et Iquitos).
    Au retour de mes vacances je devrais débuter ma maitrise enfin!!!
    En octobre nous prévoyons faire l'acquisition d'une voiture pour faciliter nos déplacement, c'est la première fois que nous quittons le centre-ville mais nous somme à 5 min. en voiture.
    Ca fait pas mal de changement pour cette prochaine année... et plus que tout j'ai hâte à l'été!!!!!!!!!!!!!!! 
     

    Comparaisons début des religions mésopotamiennes et hébraiques

    Introduction

    Le polythéisme évident des religions issues de la zone mésopotamienne contraste très nettement avec la religion biblique. Les différences entre ces deux cultes sont nombreuses et concernent d’une part les divinités, leurs attributions, leurs aventures, leurs relations avec le monde des hommes et, d’autre part, le culte, le clergé et les pratiques religieuses.

    Pour les Hébreux, la naissance de l’idée de monothéisme débuta avec Abraham mais elle prit beaucoup de temps à se concrétiser et à être mise en pratique. Le passage du polythéisme au monothéisme se fit donc par étapes successives.

     

    Les multiples dieux de la Mésopotamie

    Il n’existe pas de religion babylonienne ou akkadienne indépendante de la religion sumérienne car la proximité de ces civilisations a très tôt engendré un syncrétisme évident. Les dieux mésopotamiens étaient anthropomorphiques, c’est-à-dire conçus et représentés comme des hommes. Ils avaient les mêmes besoins et passions mais étaient des hommes extraordinaires qui étaient dispensés des servitudes de la vie et de tout ce qui nous oppriment (la mort, la vieillesse, la maladie,…). Ils étaient également dotés de pouvoirs surnaturels bien au-dessus de notre entendement. Leur force et leur vie ne connaissent pas de limite et, aussi nombreux qu’ils soient, leurs volontés ne s’opposent pas ou finissent toujours par s’accorder contrairement à certains panthéons plus vindicatifs comme celui des Grecs.

     

    Le nombre de ces dieux est considérable et afin de mettre un peu d'ordre dans cette multitude, ils sont regroupés autour de quelques grands dieux. Chacun figure ainsi avec ses épouses, sa descendance, sa parenté, sa cour et ses serviteurs. L’existence de puissants dieux locaux est caractéristique de la religion mésopotamienne. Chaque ville a son dieu auquel elle élève un temple; vrai maître de la cité, le dieu délègue son autorité au souverain local. Outre ces divinités "national", les villes honoraient simultanément d’autres dieux. Pour les Sumériens, le dieu protecteur d’une cité en était comme le propriétaire. En-lil est le dieu "national" de la Mésopotamie et il forme une triade divine avec le dieu An, dieu d’Uruk et le dieu En-ki. Le grand dieu An est le maître suprême; le dieu En-lil veille sur l’accomplissement des mesures qui maintiennent la société humaine dans le bon ordre. Quant au dieu En-ki, il incarne la vertu suprême et la condition de toute vie véritable. Une deuxième triade comprend les divinités astrales.

     

     

    La religion au quotidien en Mésopotamie

    Les mythes et les rites mésopotamiens sont empreints d’un sentiment constant de frustration, ce sentiment est parfois très apparent surtout dans les récits et il culmine avec la vaine tentative de Gilgamesh pour trouver la vie éternelle.

    Chaque dieu, comme chaque homme, doit se tenir à sa juste place et y exercer sa propre fonction. À l’égard des divinités, le fidèle éprouve avant tout un sentiment de respect et de crainte : les dieux sont tout-puissants, magnifiques et redoutables; l’humanité est crée pour les servir. Pratiquement tous les peuples mésopotamiens furent très religieux et la religion fut toujours à l’arrière-plan de tous leurs actes.

    Les statues des dieux furent un élément important dans la concrétisation de l’attitude religieuse sumérienne. Des souverains ainsi que de grands personnages plaçaient également leur statue dans les temples afin que, comme celles des dieux, elles s’y tiennent continuellement à leur place et se substitue à eux en leur absence.

    Le sort des hommes dépendait de l’accomplissement de leur devoir en tant que serviteurs des dieux et des déesses. L’une des tendances fondamentale des Sumériens fut de rechercher partout l’ordre, l’harmonie, la correspondance et la collaboration entre le monde des divinités et celui des humains.

    Il existe des forces mauvaises dans le monde, et divers génies et démons peuplent l’univers sumérien.

     

    La religion et l’administration en Mésopotamie

    Les dieux étant à l’image des hommes et ayant les même besoins ont donc besoin des prêtres pour célébrer leurs cultes, garder leurs trésors, bijoux et mobilier, mais surtout pour pourvoir à leur nourriture et veiller à ce que la table soit toujours bien garnie. Les denrées qui y sont déposées proviennent des entrepôts où sont conservés les dons des fidèles et surtout les produits des domaines dont les temples étaient propriétaires. Les divinités mésopotamiennes habitent leur domaine propre (le ciel, le monde souterrain ou les temples). Les temples sont les maisons des dieux lorsqu’ils séjournent parmi les hommes.

    Le souverain babylonien, bien que choisi par les dieux, ne possède pas le statut divin mais il est un grand prêtre, occupant ainsi une position importante au sein du culte. Ce dernier est chargé d’interpréter la volonté des dieux et d’entretenir des rapports bienfaisants pour la nation par le strict accomplissement des cérémonies quotidienne. Si la divinisation post-mortem des rois se retrouve chez les Akkadiens et les Sumériens, elle est davantage le fait des Akkadiens car chez les Sumériens, le rang ou parvenaient les rois parmi les dieux demeurait modeste et faisait penser, bien souvent, davantage à une exaltation qu’à une véritable divinisation.  Sur le code d’Hammourabi, ce dernier y indique nettement que son pouvoir royal et, plus particulièrement, son pouvoir de législateur, lui vient des dieux.

     

     

    Les premières croyances d’Israël

    Pour les partisans du monothéisme, leur monde divin se concentrait sur le Dieu unique et transcendant qui n'avait pas le moindre trait anthropomorphique ni le moindre besoin de fidèle pour le servir.

    En dépit de toutes ces associations avec les mythes et rites courants dans le Proche-Orient, la littérature suivante exempta Yhwh de toutes relations familiale avec d’autres membres d’un panthéon (pas d’épouse comme Isis ou Ishtar, ni de fils et filles divins). Il constituait la divinité unique et suprême dont l’action et la parole avaient mis de l’ordre dans le chaos. «Tu n’auras pas d’autres dieux que moi». Il n’y a qu’un seul Dieu et lui seul est le créateur de l’univers entier. Dans la forme définitive que prit la littérature hébraïque, Yhwh fut représenté comme le créateur exclusif de toutes les sortes d’existences dans le ciel et dans tout l’univers.

     

    «Tu ne feras pas d’idoles». Israël exclu, dès les prémices de son histoire religieuse, les autres dieux et du même coup les images et les idoles qui sont condamnés et rejetés. Les prophètes luttèrent pratiquement sans répit contre le polythéisme et l’idolâtrie.

     

    Dans certains passages de l’Ancien Testament, on prête parfois à Dieu des traits anthropomorphiques (la Bible dit de temps à autre que Dieu est en colère, affligé; dans la Genèse, Dieu peut prendre forme humaine, marcher, manger, etc.… Gn 3,8 ; Gn 18), mais, jamais Dieu n’agit de manière répréhensible. Yhwh se détache toujours de l’homme par son comportement moral irréprochable. Yhwh agit avec sagesse. En ce sens, Dieu n’est pas homme, il est bien au-dessus de lui.

     

    L’administration et la religion en Israël

    Après la mort de Salomon, le Temple de Jérusalem et son culte devinrent le centre unificateur du royaume méridional de Juda. Le culte de Jérusalem se transforma en un puissant facteur de cohésion de peuple juif. La construction du Temple de Jérusalem fit de ce lieu l’unique lieu de culte à Yhwh au détriment de tous ceux qui existaient auparavant. L’ensemble de sanctuaires ne doit pas laisser entendre une multiplicité de dieux car c’est le seul et unique Yhwh qui y est honoré. Il est établi que le royaume du sud fut moins syncrétique et demeura plus fidèle à la tradition du Yahvisme. Dans royaume de Juda, l’accent était mis sur l’Alliance conclue d’abord avec Abraham, puis avec Moïse et enfin avec la maison de David. Mais les relations théocratiques s’exerçaient essentiellement avec Yhwh considéré comme le roi d’Israël, le souverain régnant n’étant que son délégué, chargé de maintenir l’observation de l’Alliance et du culte. Dans le culte de Jérusalem, les rois de la dynastie davidique remplissaient leurs fonctions au temple en tant que serviteurs oints de Yhwh, avant que ces fonctions ne fussent reprises par le clergé après la dissolution de la monarchie. Dès le XIème siècle, Yhwh était considéré comme une divinité nationale particulière qui exerçait sensiblement les mêmes fonctions que les dieux cananéens. David et ses successeurs remplirent les rites habituels comme tous les autres rois sacrés du Proche-Orient sauf qu’ils le firent en qualité d’intermédiaires et non pas d’incarnation terrestre de Yhwh.

     

    La religion au quotidien en Israël

    Un conflit permanent divisa les mono-yahvistes et le reste du peuple qui pratiquait la religion indigène de la végétation. Cette lutte perpétuelle entre les deux groupes se poursuivit pendant la période monarchique. Les lois du Deutéronome devinrent officielles mais, dans la pratique, elles furent ignorées pendant les règnes des quatre derniers rois de Juda et le culte composite se poursuivit comme précédemment avec des additions empruntées à la Babylonie. Jusqu’à la fin de la captivité à Babylone, les divinités des nations voisines, telles que le Syrien Baal, furent acceptées et leur culte largement adopté dans les contacts avec les Cananéens, les Assyriens et les Hittites. Plusieurs des rites et des mythes des Hébreux sont en fait des emprunts aux Cananéens qui s’établirent en Palestine. Dans une nation aussi composite que l’était Israël après l’établissement en Palestine, la fusion de ses diverses traditions religieuses était inévitable.

    L’influence mésopotamienne est considérable chez les Hébreux en raison de leur long contact avec les habitants de la Mésopotamie lors de leur déportation à Babylone (Baal, déluge, 3,…)

     

    Monolâtrie VS monothéisme

    La monolâtrie c’est l’attachement à un Dieu en particulier sans négation de l’existence d’autres dieux. Avec la monolâtrie, le passage vers le monothéisme se précise. Il n’est plus question de tolérer les autres divinités, on reconnaît certes leur existence, mais, on leur devient hostile, c’est la grande différence. Du même coup, la divinité nationale, Yhwh pour Israël, est vue comme supérieure aux autres dieux. Cette prise de conscience de la supériorité du Dieu d’Israël, de son côté unique et particulier par rapport aux autres dieux, se fit avec Moise.  

     

    Comparaisons entre les deux religions     

    Le dogme de la trifonctionalité représente Dieu comme le père, le fils et l’esprit.

    Le souverain des hébreux n’est pas divin, ni de son vivant, ni après sa mort, mais il est oint du seigneur ce qui signifie qu’il est choisi par lui. Pour les peuples des civilisations mésopotamiennes, comme pour les hébreux, le monde ne s’expliquait pas tout seul. Tous les phénomènes qu’ils ne parvenaient pas à s’expliquer étaient donc le fait du ou des dieux dont l’existence était indubitable. Certains éléments comme la présence d’une triade divine se retrouvent dans la religion sumérienne comme dans la religion biblique.

    Dans le mythe introduit dans le récit du déluge que contient la Genèse (VI, 1-4) il est question d’une union entre les dieux astraux et des femmes mortelles donnant des héros et des demi-dieux, qui fut retenue par les rédacteurs ultérieurs impliquant une croyance à des rapports entre les dieux et les femmes de la terre comme dans la mythologie babylonienne et grecque.

    Le monothéisme mais prophètes, Saints et bienheureux qui sont vénérés…

     

    Comparaisons entre quelques récits religieux

    Entre les récits mésopotamiens et les récits bibliques, plusieurs éléments sont semblables. D’abord, dans les deux religions, il y a des récits de création de l’univers, de la création de l’homme et du déluge. Dans les récits de l’origine de l’univers, pour les deux religions, l’ordre d’apparition des éléments qui composent l’univers est sensiblement le même et dans les deux cas, avant la création, l’eau était présente, Dans les deux textes, le ciel et la terre sont séparés avant l’apparition de toute vie, ensuite seulement, les plantes et les animaux sont crées en même temps. La différence fondamentale entre ces deux récits est Dieu, la Bible présente un Dieu transcendant, qui peut créer, sans aide et par sa seule parole et son esprit, l’eau, le ciel, la mer, la terre, les astres et les êtres vivants. Dans les deux récits de la création de l’homme, l’homme est crée en vue du travail et il est fait à base de poussière et d’argile. Pour le récit du déluge, dans les deux textes, le déluge est le moyen choisi par les dieux ou Dieu pour se débarrasser efficacement de l’humanité. Une divinité ou Dieu est à l’origine du salut de quelques humains et d’un certain nombre d’animaux et dans les deux cas, une offrande est faite aux dieux ou à Dieu une fois le déluge terminé.

    Griefs protestants contre catholiques

    Introduction

     

    Le récit débute peu avant la mort de François 1er qui survint en 1547 et se termine un an après l’entrevue de Bayonne (1565) soit en mai 1566. En France, à cette époque, les guerres de religions déchirent le royaume en deux.  

     

    Grief des protestants contre les catholiques

     

    Les gens du peuple étaient de plus en plus nombreux à souhaiter une profonde réforme de l’Église. Des gens de tous rangs et des tous statuts se déclarèrent en grand nombre de la religion réformée. On reprochait au clergé catholique l’ignorance générale des prêtres et des moines qui ne recevaient aucune formation appropriée. Les membres clergé était en effet d’un niveau intellectuel et moral très bas; à peine plus instruits que leurs paroissiens dont ils partageaient les goûts et le mode de vie. Le nombre des prélats qui vivaient en concubinage était considérable. Les croyants reprochèrent également au pape le luxe dans lequel il vivait et le poids des impôts qu’il prélevait dans toute la chrétienté. Mais le plus virulent de tout leurs grief s’élevait contre la vente des indulgences. 

     

    Principaux objectifs du protestantisme

     

    L’objectif principal était d’effectuer un retour aux textes primitifs de l’Évangile, de retourner à sa pureté originale, en retirant tous les ajouts que les catholiques y intégrèrent au cours des siècles. L’avènement de l’imprimerie facilita la diffusion de la Bible ainsi que l’apparition de nouvelles versions des livres Saints. Les ministres protestants s’empressèrent d’effectuer la traduction des Saintes Écritures qu’ils diffusèrent en plusieurs langues vulgaires ainsi, chacun put recevoir l’enseignement divin directement et sans intermédiaires.

     

    Différences entre catholicisme et protestantisme

     

    Le protestantisme est définit par trois grandes règles qui régissent son application. D’abord, ils prônent l’autorité de la Bible comme étant la seule dispensant les révélations divines. Les protestants préconisent les seules autorités de la Bible et des livres Saints comme source d’enseignement divin. Eux seuls possédaient les révélations et tous les fidèles devaient pouvoir y accéder par une lecture directe et quotidienne. La religion réformée soutient l’inutilité des attentes et intercessions envers la Vierge et les saints. Comme l’explique le ministre Duroy (p.177) « D’après l’Écriture, Christ est le seul médiateur entre Dieu et les hommes. Il ne faut donc pas prier la Vierge et les saints pour qu’ils intercèdent auprès du Christ, […]. La parole de Dieu en sa Sainte Écriture est claire et indubitable ». Ils répriment la vénération et le culte que les catholiques portent aux images, à leurs morts et aux saints. Le Christ est le seul intermédiaire entre le ciel et la terre, il ne faut donc pas implorer la Vierge en vain mais se borner à reconnaître cette dernière dans son simple rôle de mère. La prière, en langue vernaculaire, doit donc se limiter à invoquer Dieu comme c’est le cas pour le « Notre père » et non la Vierge tel le « Je vous salut Marie ». La seconde règle concerne le sacerdoce universel. C’est à dire que tous les chrétiens, qui sont égaux par le baptême, devraient l’être également devant Dieu et par conséquent tous sont prêtres et chargés de dispenser la parole de Dieu. C’est par cette règle que les vœux monastiques et le célibat des prêtres deviennent inutiles. La dernière règle prône le salut par la foi, c’est à dire que seul l’ardeur de la foi et l’application à étudier les Écritures Saintes apportent sur le croyant le salut de Dieu. L’aide au prochain et les bonnes œuvres ne seraient en réalité d’aucun secours et n’auraient aucunes influence quant à la Rédemption.   

     

    Quelques persécutions contre les protestants

     

    Le protestantisme fut durement réprimé et de nombreux huguenots subirent diverses persécutions sans aucun égard pour leurs rangs ou statuts; quelque uns des ces épisodes nous sont soulignés dans le roman de Robert Merle. Il aborde principalement les persécutions menés par Henri II contre les réformés (p. 72), il traite de la petite modération à laquelle il fit preuve sous la requête des princes allemands luthériens (p. 75) ainsi que de l’arrestation, sous son ordre, des membres du Parlement de Paris (p. 151) annihilant ainsi toute sympathie à la tolérance et ouvrant la porte à l’inquisition.

     

    La réaction des religieux catholique

     

    Les prêtres et autres religieux voulaient voir condamné la religion réformée. Ils tentèrent de s’en défaire par la parution d’édits, l’utilisation de la chambre ardente, de l’emprisonnement, la question et le feu.

     

    Conclusion

     

    Plusieurs ecclésiaste, éprouvants des difficultés monétaires, commirent quelques actions contraire au catholicisme. Actions tels que la vente des sacrements et l’augmentation des frais pour des mariages ou des enterrements. Le peuple eut ainsi l’image d’hommes, simples et communs, pour qui la vie matérielle comptait infiniment plus que la vie spirituelle.

    La folie au Moyen âge, 2ème partie (*les images sont a venir)

    Significations, Messages véhiculés

    J’analyserai les images suivantes de façon individuelle puisqu’en plus des attributs que j’ai exposés, elles sont empreintes de significations quant à la perception du fou qu’elles véhiculent.

    La représentation 22 montre le fou en forêt, endroit marginal et périphérique de la civilisation que la littérature courtoise associe abondamment à la folie. Le fou est alors présenté comme un homme sauvage. Il est à noter que le texte du psaume est en latin dans la colonne de droite et en anciens français dans celle de gauche. Il s’agit donc d’une Bible historiale.

    L’image 32 représente le fou comme un juif ce qui est identifiable par le chapeau qu’il porte, caractéristique des représentations des juifs à l’époque. Le fou est incité par deux démons, l’un représentant le diable et l’autre sa mauvaise conscience. Le fou écoute attentivement le diable. Le juif est donc représenté comme étant inspiré par le diable et puisque l’on associe ici le fou au juif, il revient à dire que les juifs sont des fous et qu’ils renient Dieu.

    L’image 49 représente à gauche un groupe parmi lequel on distingue des moines, qui représentent la sagesse. À droite le fou, est représenté comme étant réellement exclu et isolé. Ce qui est accentué par la différence entre les deux fonds et par la séparation évidente entre les scènes. Dans le groupe, certaines personnes ont des gestes méprisants à l’égard du fou. Il est pointé et qu’on chuchote à son endroit. Le fou est représenté avec les caractéristiques dénotant l’instabilité de sa personne que j’ai précédemment évoquées. Il regarde son pain avec un air inquisiteur et se situe à la gauche du groupe.

    L’image 50 représente un fou qui se suicide. Cette scène évoque le suicide de Saül mentionné dans la Bible.[42] Il importe de rappeler qu’à l’époque médiévale, le suicide est un pêché, car le désespoir qui l’entraine est un vice.[43] Dieu seul dispose de la vie et de la mort, le suicide équivaut donc à nier Dieu. Ce qui nous rapproche du contenu du psaume. Le fou a la raison obscurcit par le mal, il est inspiré par le diable qui l’abandonne au désespoir.

    L’image 51 représente un fou qui est rejeté. Il est hors de la ville que l’on reconnait à l’arrière plan par la porte et les murailles. Le fou ainsi représenté en marge de la société est un être responsable de lui-même. Hirsute, il évoque l’homme qui retourne à l’état sauvage lorsque la société l’abandonne.

    La représentation 52 est en trois parties. Dans la partie du haut, des juifs, à la gauche on les reconnait grâce au chapeau caractéristique, lapident le Christ. Ils sont hors de la ville et Dieu tient dans ses mains la Bible. Sur la partie du bas, le fou et le roi qui s’entretiennent. La scène est sous-divisée par la colonne amplifiant l’isolement du fou. Il est à remarquer que cette fois c’est la ville d’où sortent les juifs qui sort du cadre de la lettrine. Les juifs sont donc représentés comme provenant ou demeurant dans des lieux marginaux, coupés de la société, entre eux.

    Sur la représentation 53, la folie est mise en opposition évidente à la sagesse. Dans la section du haut, le roi prie Dieu, il l’implore. Son attitude est pieuse et signe de sagesse. Dans la partie du bas, les fous se querellent, dénotant un manque de civilité flagrant, et ne prêtent aucunement attention à Dieu.

    La dernière image (54) présente ensemble un prêtre et un fou. Ils sont assis, le prêtre est plus haut qui le fou et a donc une position d’autorité ; il lui enseigne. Il y a un dialogue entre les deux et le fou argumente. Dieu les observe, les écoute et commente la scène. Trois inscriptions figurent sur la scène. Dieu d’abord dit « Les fous se disent… » Le fou affirme « Il n’y a pas de Dieu.». Je suis malheureusement incapable de lire ce que le prêtre lui répond, mais il s’efforce sans doute de corriger le malheureux.

     Conclusion

    Le fou se situe à la frontière entre la révélation et l’hérésie, il est donc de nature intermédiaire. L’étude de ses représentations permet de mettre en évidence les notions d’ordre et de contre ordre ainsi que des caractéristiques de la société la société féodale. Au départ, l’image qui accompagne le psaume 52 est directement en lien avec le psaume qu’elle accompagne. À la fin du XIIIe siècle, les images deviennent de plus en plus de libres interprétations du psaume, l’essentiel étant de bien faire sentir l’impiété et donc la folie. Le fou est alors assimilé au juif, au pêcheur, au dépressif, au possédé, etc.… Ces diverses interprétations se croisent pour faire de la folie une notion large dans laquelle, au Moyen Âge du moins, on retrouve pratiquement tout ce qui sort de la norme. Cette évolution contribue donc à alimenter les craintes contre les déficients à qui l’on attribue tous les défauts de l’époque. L’intolérance qui se dessine vers 1230 envers divers groupes sociaux (juifs, lépreux, hérétiques, païens,…) touche directement les fous.

    Progressivement, la folie devient une profession. Ce sont les bouffons, acteurs ou fous très légers qui simulent le masque de la folie pour distraire les grands, tant du côté de l’aristocratie que du côté de l’Église. Aux XIVe et XVe siècles, ceux-ci sont de plus en plus populaires. Ils portent une tenue devenue symbolique: habit coloré et ajusté, chaperon à pointe, ils tiennent une marotte, bâton terminé par une tête qui se veut l’antithèse du sceptre royal. Or, la récupération de cette déficience entraine une banalisation et une mise à distance de la problématique, et constitue donc l'un des facteurs d'explication de l'exclusion croissante dont sont victimes les malades mentaux à la fin du Moyen Age.[44]

    Lexique

     

    Bible historiale =             Traductions approximatives plus répandues ; ces Bibles sont historiées,                                             illustrées et versifiées. Il ne s'agit, dans la plupart des cas, que de l'une ou                                                de l'autre partie du recueil sacré.

    Bréviaire :                    Livre de l’office qui regroupe, entre autre, des prières, le calendrier                                             liturgique et le psautier.

    Etymologie :                 Insipiens (insensé)= insipide = qui manque d’esprit  / d’intérêt

    folie "extraordinaire" : Regroupait principalement les personnes présentant des                                                              comportements hautement anormal tel que les possédés ou les faux                                    messies.

    folie "ordinaire" :            Regroupait les fous légers, les sots et les déficients mentaux.

    Possédé :                     Est un être que l’on croit envahie par l'esprit malin qui agit en lui et parle à                             son gré.

    Psaume :                      Écrit religieux et il y a 150 psaumes dans un psautier.

    Psaume 52, Dixit insipiens[45]

    Français (traduit du latin) :

    52:1 Du chef de chœur, al-mâhalath. Instructions de David
    52:2 Les fous se disent: « il n’y a pas de Dieu! » Corrompus, ils se sont pervertis dans des horreurs; aucun n’agit bien.

    52:3 Des cieux, Dieu s’est penché vers les hommes, pour voir s’il en est un d’intelligent qui cherche Dieu.

    52:5 Sont-ils ignorants, ces malfaisants, qui mangeaient mon peuple en mangeant leur pain, et n’invoquaient pas Dieu!
    Bibliographie

    Ouvrages cités :

    FRITZ, Jean-Marie. Le discours du fou au Moyen-Âge, XIIe – XIIIe siècle. Paris, Presses             Universitaires de France, 1992.

    HEERS, Jacques. Fêtes des fous et carnavals. Paris, Fayard, 1983. 315 pages.

    LAHARIE, Muriel. La folie au Moyen Âge, XIe – XIIIe siècles. Paris, Le léopard d’or,    1991. 307 pages.

    LAHARIE, Muriel. «Les infirmes au Moyen Âge (XIe – XVe siècles) Approche             iconographique», Population et démographie au Moyen Âge. Paris, édition du        CTHS, 1995. p. 313-333.

    MÉNARD, Philippe. « Les fous de la société médiévale. Le témoignage de la littérature             aux XII – XIIIe siècles. » Romania, XCVIII, 1977. p. 433-459.

    NEAMAN, Judith S. Suggestion of the devil, The origins of madness. New-York, Anchor             Books, 1975. 226 pages.

    Nouvelle histoire de la psychiatrie. Dir : Jacques POSTEL et Claude QUETEL, Paris,               édition Dunod, 2002. 647 pages.

    Références sur le sujet :

    KROLL, J. et B. BACHRACH. « Sin and mental illness in the Middle Ages. » Psychol.             Med., august 1984, Vol. 14, No. 3. p. 507 – 514.

    CHAPUT, Bernard. «La condition juridique et sociale de l’aliéné mental», Aspects de la             marginalité au Moyen Âge. Québec, l’Aurore, 1975. p. 39 – 56. 

    GARNIER, François.  « Les conceptions de la folie d’après le psaume Dixit insipiens »,             Études sur la sensibilité au Moyen Âge, philologie et histoire jusqu’en 1610, tome    II.  Limoges, Actes du 102e congrès national des sociétés savantes, 1977. p. 215 –             222. 

    LAHARIE, Muriel. « Comprendre et soigner la maladie mentale au Moyen Âge (XIe – XIIIe siècle). » Histoire des sciences médicales, vol 2, 1993. p. 137 – 142.

    LAHARIE, Muriel. « Images de la folie au Moyen Âge. » Leçon inaugurale à la Faculté             des Lettres, Université de Neuchâtel, Annales 1982 – 1983. p. 238 – 257.

    LAHARIE, Muriel. « Images de la maladie mentale au Moyen Âge (du XIIe au XVe                 siècle). » 2000 ans de psychiatrie, Dir. N. Attali, NHA Communication, 1999. p.             22-35.

    LEVER, Maurice. Le sceptre et la marotte, Histoire des fous de cour. Paris, Fayard,             2000 (1983). 353 pages.

    SAUTMAN, Francesca. «Les métamorphoses du fou à la fin du Moyen Âge», Pour une             mythologie du Moyen Âge. Études rassemblées par Laurence HARFLANCNER et             Dominique BOUTET, collection de l’école normale supérieure de jeunes filles,             Paris, 1988. p. 197 – 207.ZYSBERG, André. «On a toujours soigné les fous», l’Histoire. 21, mars 1980. p. 74-75


    [1] Muriel LAHARIE. «Les infirmes au Moyen Âge (XIe – XVe siècles) Approche iconographique», Population et                          démographie au Moyen Âge. Paris, édition du                 CTHS, 1995. p. 315.

    [2] Philippe MÉNARD. « Les fous de la société médiévale. Le témoignage de la littérature aux XII – XIIIe siècles. »                       Romania, XCVIII, 1977. p. 434.

    [3] Nouvelle histoire de la psychiatrie. Dir : Jacques POSTEL et Claude QUETEL, Paris,                édition Dunod, 2002. p. 58.

    [4]Ibid.,. p. 66.

    [5] Nouvelle histoire de la psychiatrie. Dir : Jacques POSTEL et Claude QUETEL, Paris,                édition Dunod, 2002. p. 58.

    [6] Définitions voir lexique  et Judith S. NEAMAN Suggestion of the devil, The origins of madness. New-York, Anchor                         Books, 1975. 57-58.

    [7] Voir lexique p. 13.

    [8] Muriel LAHARIE. «Les infirmes au Moyen Âge (XIe – XVe siècles) Approche iconographique», Population et                          démographie au Moyen Âge. Paris, édition du CTHS, 1995. p. 315.

    [9] Ibid., p. 316.

    [10] Ibid.,p. 314.

    [11] Op.Cit., Nouvelle histoire de la psychiatrie. p. 61.

    [12] Muriel LAHARIE. «Les infirmes au Moyen Âge (XIe – XVe siècles) Approche iconographique», Population et                          démographie au Moyen Âge. Paris, édition du CTHS, 1995. p. 314.

    [13]Muriel LAHARIE. La folie au Moyen Âge, XIe – XIIIe siècles. Paris, Le léopard d’or, 1991. p.81.

    [14]Ibid., p.201.

    [15] Nouvelle histoire de la psychiatrie. Dir : Jacques POSTEL et Claude QUETEL, Paris,                édition Dunod, 2002. p. 58.

    [16] Ibid., p. 59.

    [17]Au Moyen Âge les enfants sont baptisés quelques jours après leur naissance, le baptême des fous concerne donc ici les gens adulte qui se convertissent.

    [18] Ibid.,p. 51.

    [19]Muriel LAHARIE. La folie au Moyen Âge, XIe – XIIIe siècles. Paris, Le léopard d’or, 1991. p.243.

    [20] Nouvelle histoire de la psychiatrie. Dir : Jacques POSTEL et Claude QUETEL, Paris,                édition Dunod, 2002. p. 67.

    [21] Ibid.,p. 57.

    [22] Muriel LAHARIE. La folie au Moyen Âge, XIe – XIIIe siècles. Paris, Le léopard d’or, 1991. p.153.

    [23] Voir Psaume p. 14.

    [29] Philippe MÉNARD. « Les fous de la société médiévale. Le témoignage de la littérature aux XII – XIIIe siècles. »                       Romania, XCVIII, 1977. p. 436.

    [30] Jacques HEERS. Fêtes des fous et carnavals. Paris, Fayard, 1983. p. 144.

    [31] Nouvelle histoire de la psychiatrie. Dir : Jacques POSTEL et Claude QUETEL, Paris,                édition Dunod, 2002. p. 59.

    [32] Jean-Marie FRITZ. Le discours du fou au Moyen-Âge, XIIe – XIIIe siècle. Paris, Presses Universitaires de France                     1992. p. 40.

    [33] Ibid., p. 57.

    [34] Philippe MÉNARD. « Les fous de la société médiévale. Le témoignage de la littérature aux XII – XIIIe siècles. »                       Romania, XCVIII, 1977. p. 441.

    [35] Voir annexe iconographique images #12-13-18-21 et 43.

    [36] Jean-Marie FRITZ. Le discours du fou au Moyen-Âge, XIIe – XIIIe siècle. Paris, Presses Universitaires de France,                    1992. p. 46.

    [37] Ibid., p. 46-56.

    [39]Voir annexe iconographique images #36 (vers le roi), #23 à 26 (vers Dieu) et #1-55-56 (vers le ciel).

    [40] Bible, Mt 4, 1-11.

    [41] Ibid. Jn 18, 15-18/25-27

    [42] Bible, 1Sa 31, 1-6 et Jean-Marie FRITZ. Le discours du fou au Moyen-Âge, XIIe – XIIIe siècle. Paris, Presses                 Universitaires de France, 1992. p. 57.

    [43] Nouvelle histoire de la psychiatrie. Dir : Jacques POSTEL et Claude QUETEL, Paris,                édition Duno, 2002. p. 71.

    [44] Muriel LAHARIE. «Les infirmes au Moyen Âge (XIe – XVe siècles) Approche iconographique», Population et                          démographie au Moyen Âge. Paris, édition du                 CTHS, 1995. p. 320.

    La folie au Moyen-âge, 1ère partie

    Introduction

     

    Entre les XIIe et XIVe siècles, il s’est installé dans la société une intolérance croissante envers les divers groupes sociaux minoritaires et envers les marginaux. J’étudierai l’évolution de cette intolérance à l’aide du concept de la folie, concept qui fut largement véhiculé par l’Ecclesia, particulièrement au moyen de représentations iconographiques illustrant la lettrine « D » du psaume 52.

     

    L’Église catholique de l’époque médiévale a utilisé l’ambivalence liée à la notion de folie de façon d’abord expiatoire ensuite de plus en plus répréhensive. Par ce travail, j’expliquerai les différentes perceptions que véhicula l'Ecclesia envers la folie. Je serai ainsi en mesure d’exposer un message d’intolérance qui est, en partie du moins, attribuable à l’institution religieuse. En seconde partie, j'appuierai mes propos à l'aide de quelques exemples tirés d'enluminures que j'analyserai. 

     

    Les frontières entre les définitions de l’arriération, de la débilité mentale et de la maladie mentale sont très floues, voire inexistantes au Moyen-âge.[1] Plusieurs oppositions sont aussi à prendre en compte dans la définition de la folie à cette époque. Les fous étaient perçus à la fois comme objets de tourment et d'attachement, d'hostilité et de pitié, de dérision et de vénération. On les redoutait et on les maltraitait ou on les plaignait et on les soignait. À l'égard des fous se développa des attitudes à la fois d'accueil et d'intégration, mais aussi de rejet et d'exclusion.[2] Certains avis font du Moyen Age une sorte d'âge d'or de la folie où les malades mentaux auraient bénéficiés d'une grande tolérance et auraient vécus sans difficulté au sein de leur famille et de leur milieu social. On constate cependant une opposition fondamentale entre les attitudes positives et négatives de la société féodale par rapport à ses fous. Les attitudes positives se sont surtout traduites par la compassion, l'accueil et un souci d'intégration, alors que ces comportements ont coexistés avec des attitudes négatives ou prédominaient la peur, le rejet et l'exclusion.[3] Ces attitudes négatives étaient issues en majorité du malaise et de la peur qu'inspirent les personnes prises de délire et parfois agressives.[4] Ajoutons à cela que l'imprécision entre les définitions de la folie "extraordinaire" (ou surnaturelle) et de la folie "ordinaire" (ou naturelle) reste une constante pendant toute l'époque féodale et que la place qu’occupe le malade mental dans la société en dépend directement.[5][6] De plus, le fou peut être associé au monde du mal, ce qui fait du possédé[7] une sorte de fou. Il se développa alors un phénomène social qui eut pour résultat de marginaliser et d'exclure ceux qui incarnaient l’idée d'anormalité. Le fou fut de plus en plus maltraité et objet de violences physiques dans la vie quotidienne.

     

    La religion catholique et le concept de folie

     

    Le Christ ayant manifesté sa préférence pour les déshérités et les exclus.[8] Les malades mentaux appartiennent donc à cette catégorie des "pauvres du Christ" envers lesquels la société médiévale sait parfois faire preuve d’entraide et de compassion. L'iconographie souligne l'importance des attitudes positives a l'égard des infirmes (l’accueil, la charité,…), mais elle suggère, pour ce qui est de la folie, des réactions plus complexes et parfois même très cruelles (besoin du fou de se défendre, isolement, commerce démoniaque,…).[9] Selon la conception féodale, le fou est un être dominé par des forces, divines ou diaboliques. Il se situe au cœur de la lutte entre Satan et Dieu.[10] Les mentalités du temps étant particulièrement sensibles à cette lutte, la croyance en la possession démoniaque était donc largement répandue.

     

    La recherche de la guérison miraculeuse est très présente au Moyen Age. La théorie des saints-guérisseurs provient du canon ecclésial qui avance que tout saint, à l'image du Christ qui a lui-même guérit de nombreux malades et infirmes en les touchant ou en leur imposant les mains, est considéré comme disposant d'un pouvoir thaumaturgique reconnu par l'Église. On retrouvait ainsi 35 saints spécialisés dans le traitement de la folie, et environ 70 qui guérissaient certaines affectations mentales parmi d’autres maladies. Ce qui représente plus d'une centaine de saints pouvant guérir les pèlerins de la folie.[11] À l'inverse, les simples d'esprit et certains fous inoffensifs étaient considérés comme des êtres inspirés, des devins ou des voyants.[12] Certains pensaient que ces êtres simples d’esprit recevaient des illuminations et des visions de Dieu « les illuminés ».[13]

     

    À l’époque féodale, les traitements visant à soulager ou à guérir la folie étaient nombreux et de diverse nature. Leur pratique a pris source dans l'Antiquité et auprès la médecine arabe, mais en y intégrant une dimension plus caritative, en lien direct avec le contexte chrétien dans lequel ils sont prodigués.[14] Car à l’époque, touts malades (malades mentaux par extension) étant le reflet du Christ souffrant.[15]

     

    En ce qui concerne l’hébergement, les fous pouvaient, selon les circonstances, être logés dans un monastère, gratuitement ou moyennant le versement d'une pension. D’autre part, l'hospitalisation des fous se développe lentement, il est alors uniquement question d'accueil et d'assistance, et ce, seulement dans des établissements importants comme l'Hôtel-Dieu de Paris. Une première mention explicite d'une mesure visant à traiter les fous, se retrouve dans les registres de l'hôpital Saint-Esprit, fondé à Montpellier en 1178-1179.[16]

     

    Aux XIIe et XIIIe siècles, une évolution s’amorce vers une société d’intolérance, de persécution et de fermeture. On limite de plus en plus l’accès des fous aux sacrements dont le plus grave est le baptême, car cela signifie écarter le fou du paradis.[17] C’est pourquoi, dans son œuvre, Thomas d'Aquin (1228-1274) affirme que le fait d'être atteint d'une maladie mentale ne signifie pas la disparition de la raison. Les textes sur ce sujet ne laissent pas de doute: la raison est simplement incapable de se manifester, mais elle est toujours présente car à partir du moment où il y a forme humaine, il y a une âme spirituelle et donc un potentiel de raison. De là, résulte l'attitude que Thomas d’Aquin recommande de prendre envers les déficients mentaux.[18] Thomas d'Aquin est donc d'avis que les fous, s'ils ne peuvent d'évidence avoir accès à tous les sacrements, devraient du moins pouvoir recevoir le baptême. Les fous, selon lui, sont privés de la raison de façon accidentelle, à cause de quelques obstacles venant d'un mauvais fonctionnement corporel et non pas parce qu'ils n'auraient pas une âme raisonnable. C'est donc au nom de leur âme, car le fou, comme l'enfant, est incapable de comprendre l'importance de la cérémonie, que le baptême des fous est recommandé.[19] On ne saurait priver le fou, au même titre que l'enfant, de bénéficier de ce sacrement qui le fait entrer dans la communauté chrétienne. Les parrain et marraine du fou, comme ceux de l'enfant, remplacent donc le manque de jugement du baptisé.[20]

    Il est ainsi quelques observations intéressantes en regard à cette partie de l’œuvre de Thomas d’Aquin. L’auteur précise que la folie est l’objet d’un mauvais fonctionnement corporel ce qui traduit une volonté de démystifier  la folie ce que l’on attribuait au diable ou à Dieu. Dans un même ordre d’idées, Thomas d’Aquin estime également qu’un prêtre qui serait devenu fou demeure prêtre. On ne retire donc pas un sacrement qui a été administré pour cause le la folie du sujet.

     

    2ème partie

     

    Au cours de la période allant du XIIe au XIVe siècle, les différentes perceptions du concept de la folie, leurs évolutions et leurs constantes, sont décrites, étudiées et peintes dans et sur des supports variés.[21] Les études des différentes représentations de la folie permettent de constater qu’au Moyen Âge, le fou est une personne aisément identifiable.[22] Il est tout d’abord reconnaissable à ses vêtements ou à l’absence de ceux-ci, à son comportement ensuite et à ses paroles qui ne laissent aucun doute quant à la nature de son trouble. Il fréquente les lieux publics et vit de la charité en plus de subir diverses marques infamantes qui achèvent de l’identifier comme fou face à l’ensemble de la société.

     

    À la période médiévale, on retrouve les enluminures du psaume 52[23] dans des Bibles[24], des psautiers[25], des bréviaires[26] et des bibles historiales[27]. Les psautiers étaient reproduits au Moyen Âge par des moines copistes. Ils étaient destinés tout d’abord aux élites religieuses et aristocratiques, mais toute personne apprenant à lire le faisait à partir du psautier. Il y avait même plusieurs personnes analphabètes qui connaissaient de grands extraits du psautier par cœur puisque les psaumes étaient chantés. Les images qui ornaient ces manuscrits, en plus de faciliter la compréhension des saintes Écritures, véhiculaient divers messages quant aux attitudes et comportements qu’il était approprié d’adopter.

     

    Lien avec lien psaume

     

    Les éléments suivants sont ceux représentés par l’iconographie et clairement mentionnés dans le psaume. La première phrase identifie d’amblée le roi que nous verrons sur plusieurs des représentations comme étant le roi David. Dans la seconde phrase, les fous nient l’existence de Dieu. Le fou est représenté comme un être corrompu et perverti parce qu’il est impie, ce qui transparait dans les attitudes et activités des fous illustrés. Dans la troisième phrase, il est dit que Dieu regarde et scrute les hommes. Cet élément se retrouve dans plusieurs représentations de façon tantôt évidente, tantôt subtil selon l’intention qu’avaient les enlumineurs. Dans la dernière phrase il est fait mention de pain. Cet élément très représenté est sans doute le plus controversé car les historiens ne s’entendent pas quant à sa signification et ce, bien que sa présence soit si fréquente qu’elle en fait l’un des éléments caractéristiques des fous médiévaux des plus importants.

     

    Les styles de représentations

     

    L’annexe iconographique est composée de façon thématique afin d’alléger la structure de ma présentation. Ainsi, les représentations du fou dans lesquelles celui-ci figure seul dans l’image son les premières[28]. En plus d’être le genre de représentation le plus fréquent, celui-ci constitue une constante puisque nous le retrouvons de façon similaire tout au long du Moyen Âge. Le fou sur l’image est debout au centre de la lettrine, sa posture est instable, son corps n’est jamais droit ce qui traduit l’instabilité de son esprit aussi. Le pied droit du fou dépasse généralement la lettrine, ce qui n’est pas conventionnel pour cette époque. Cela renforce l’idée que le fou sort de la norme et qu’on le considère comme étant en marge de la société. Le fou est représenté avec un élément de nudité. Il peut être peu vêtu, parfois nu et de manière générale il a les pieds nus. C’est le signe d’un manque de civilité que l’on attribuait alors aux fous d’un retour à l’état sauvage.[29] L’image véhiculée est celle d’un personnage coupé de la société et/ou de ses bienfaits.[30]

     

    Le fou est ensuite représenté soit la tête rasée, soit tonsurée ou encore simplement hirsute. La tonsure était réellement pratiquée sur certains fous car c’était à la fois un moyen préventif (pour éviter qu’ils ne s’arrachent, ou ne mangent leurs cheveux), à la fois un moyen thérapeutique (pour appliquer les huiles et onguents ou encore pour laisser la tête respirer à l’air libre).[31] Ce pouvait être le signe d’une protection divine sur un fou considéré comme « illuminé » ou un appel la protection divine sur un être possédé. Enfin, la tonsure représente une marque distinctive infamante car elle indique à toute la société que cette personne est un fou. Il y a un lien entre la tonsure appliquée au fou pour l’humilié et celle que le clerc se fait faire par signe d’humilité.[32] Il est important cependant de noter que la tonsure est absente des représentations avant l’an 1230.[33] Ce qui tend à démontrer que la société utilise à cette époque des marques qu’elle n’utilisait pas avant. Nous y percevons, par extension, des signes d’une intolérance croissante. Lorsque le fou est représenté de façon hirsute c’est une évocation de l’homme comme retournant à l’état sauvage.

     

    Le fou est également représenté armé d’une massue. C’est une arme simple, l’arme du pauvre, elle est commune mais nécessaire au fou pour qu’il puisse se défendre.[34] Ce qui n’était malheureusement pas rare d’après de nombreux récits ou textes. Lorsque le fou est représenté face au roi, la massue évoque une opposition grotesque avec le sceptre royal. Le fou assume sa défense, ce qui est positif, à l’aide d’une massue qu’il tient de sa main droite, côté perçu comme positif à l’époque.

     

    Le fou est ensuite très souvent représenté en mangeant ou en tenant un objet de forme ronde. Les historiens ne s’entendant pas sur sa signification précise, je ne détaillerai que la plus acceptée. Le pain mentionné par le psaume est reconnaissable dans plusieurs représentations par la croix qui est perceptible sur la miche[35], c’est l’entaille qui permet de briser plus facilement le pain.[36] Selon la religion catholique, le pain représente le « corps du christ ». Le fait que le fou qui nie Dieu d’après le psaume mange le pain propage l’image d’un fou blasphémateur. Le fou tient un pain de la main gauche la gauche étant un côté négatif au Moyen Âge, (en latin : sinistra). Le fait qu’il mange le pain (corps du christ d’après le psaume) avec sa main gauche renforce l’idée de blasphème liée à la folie. Finalement, le fou regarde généralement son pain, donc vers sa gauche. Les autres explications sont d’avantage du domaine littéraire et médical.[37]

     

    Les images 23 à 27 qui suivent représentent le fou avec Dieu dans l’image. Dieu est seulement présent dans l’image par sa tête regardant du ciel. Cette représentation peut cependant être discrète ou évidente, selon l’intention de l’enlumineur. Lorsqu’il est plus présent celui-ci figure dans le coin supérieur droit de la lettrine, à l’intérieur de la lettre. Lorsque sa présence est plus discrète, il est représenté plus haut et plus petit sur le contour de la lettre. C’est donc un Dieu à qui rien n’échappe. Il est représenté comme omniscient, Dieu voit tout ; message que l’Église considérait primordial de rappeler à tous ses fidèles. Dans certaines représentations, le fou semble s’adresser à Dieu avec un geste de défi. L’Église rappelle à la population que rien n’échappe à l’œil scrutateur de Dieu et que leur pêchés sont connus de lui.

     

    Le fou est enfin parfois représenté tenté ou inspiré par le diable[38]. Le diable tente de convaincre le fou, celui-ci l’écoute avec attention. Le mal dicte au fou de nier Dieu, à l’époque il ne pouvait en être autrement. Il y a parfois un dialogue entre eux, ou bien le fou écoute attentivement les indications du mal. Le mal inspire le simple d’esprit et le fait mal agir. Certaines images vont même représenter le fou vénérant le diable. Le Diable est souvent à la gauche du fou.

     

    Sur les images 33 à 48, le fou est représenté avec le roi. Le roi David illustre la sagesse, la stabilité, le calme et le pouvoir par opposition à la folie. On peut percevoir une certaine crainte dans l’attitude du roi. Le fou parle et le roi l’écoute, avec un air craintif et méfiant. Le fou est généralement à la gauche du roi. Il le regarde (donc vers sa droite), avec une attitude de défi. Le fou lui présente le pain qu’il tient de façon à évoquer le globe[39], symbole d’autorité et de souveraineté. Sa massue est une caricature ridicule de la puissance et du sceptre du souverain. Celui-ci doit résister aux tentations que lui présente le fou et ne pas renier Dieu. La signification relève de la Bible et se rapporte à l’épisode du désert où Jésus refuse le mal[40] et aussi à l’épisode où Pierre renie Dieu[41] lorsqu’il est confronté à l’impie. Il est à noter que le fou de l’image 46 s’approprie les pouvoirs et insignes de la majesté.

     

    L'intendance au Yucatan... (Conclusion)

    Conclusion

    Les motifs qui incitèrent la métropole espagnole à implanter le système de l’Intendance furent donc d’ordre politique et économique. D’ordre politique d’abord, parce qu’en Europe, vers 1786, le gouvernement des Bourbons avait effectué une réforme visant à centraliser ses différents ministères, dont celui des affaires coloniales. Économique ensuite, car les ressources de la métropole s’amoindrissent et que comme toutes métropoles, l’Espagne comptait sur ses colonies pour renflouer ses coffres. La Nouvelle-Espagne était cependant aux prises avec d’importants problèmes de corruption qui entraînèrent une rapide désorganisation des finances publiques. Le système d’Intendance fut donc établi pour tenter de régler le problème à la base. Il avait donc pour mandat d’encadrer la population autochtone, principale force de travail, et de limiter le nombre des représentants officiels afin de mieux gérer les dépenses et de superviser adéquatement la corruption et la contrebande. L’établissement du commerce libre visait à faire développer les industries autorisées de la métropole et aussi à écouler les surplus agricoles. Il ne restait plus ensuite qu’à intégrer de la main d’œuvre maya au sein d’haciendas; unités de production extensive visant à assurer le ravitaillement d’une population en rapide expansion.

    La question à savoir si le système de l’Intendance en Amérique hispanique fut un succès fut fort débattue. En fait, ces réformes n’eurent pas le succès escompté. L’un des points les plus contesté prétend que les fonctions dévolues aux Intendants interféraient avec celles du vice-roi et spécialement en ce qui concernait les finances. Les opposants au système prétendaient que cela nuisait au prestige du plus haut représentant du roi. De plus, le différend concernant le salaire des sous-délégués ne fut jamais complètement résolu. Plusieurs personnes furent d’avis que des réformes auraient pues être apportées au système de l’Intendance, cette opinion fut traduite en 1803 par un effort pour reformuler les ordonnances mais ce dernier fut abandonné. La simplicité du système était par contre en sa faveur, en ce qu’il requérait un nombre inférieur de délégués que le système précédent.[34] Le système d’Intendance ne fut maintenu que peu de temps cédant la place, le 24 février 1821, à l’indépendance du Mexique. Les inégalités sociales engendrées suite au travail forcé des indigènes et leur prise de conscience face à la situation géo-politique de la colonie menèrent les populations autochtones sur les chemins des rébellions et de la Révolution.

    Bibliographie 

    Ouvrages généraux:

    FARRIS, M. Nancy. Maya Society Under Colonial Rule, The Collective Enterprise of             Survival, Princeton University Press, New Jersey, 1984. 586 pages.

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    MEYER, SHERMAN, DEEDS. The Course of Mexican History. Oxford, Oxford             University Press, 1999. 732 pages.

    PATCH, W. Robert. Maya and Spaniard in Yucatan, 1648-1812. Stanford University             Press, 1993. 329 pages.

     Études

    BIROU, Alain. Forces paysannes et politiques agraires en Amérique Latine. Paris, ed.             ouvrières, Économie et Humanisme, 1970. 295 pages.

    BRANNON, Jeffrey et Eric Baklanoff. Agrarian reform & public enterprise in Mexico :             the political economy of Yucatán's henequen industry. Tuscaloosa, University of             Alabama Press, 1987. 237 pages.

    PÉREZ, Pablo Emilio & Mallaina Bueno. Comercio y autonomia en Yucatan, 1797-1814.             Public escuela de estudios Hispanio-Americanos, Sevilla, 1978. 268 pages.

    ROYS, L. Ralph. The Indian Background of colonial Yucatan. Washington, 1943. 244             pages.


    [1] Premier officier de justice ou magistrat d’une ville espagnole. La plupart d’entre eux abusèrent de leurs pouvoirs pour imposer aux populations indigènes, qu’ils devaient en principe protéger, l’achat forcé de marchandises qu’ils emportaient eux-mêmes d’Espagne.

    [2] Principe selon lequel l’endettement du travailleur l'oblige à  rembourser l’encomendero en travail. Cette pratique était appliquée par les corregidores car les européens ne disposaient pas de suffisamment de force de travail. L’État assignait donc les Indiens au travail dans les encomiendas. Les communautés indiennes devaient ainsi fournir périodiquement un certain nombre d'ouvriers robustes selon les besoins de l'administration coloniale. Les rémunérations étaient insignifiantes et les tâches fastidieuses et dangereuses.

    [3] Concession de villages ou de groupes d'Indigènes (et du travail qu'ils pouvaient accomplir) à des conquérants en récompense pour leur participation à la conquête avec, comme charge pour le bénéficiaire (l'encomendero), de veiller à l’évangélisation de la population autochtone. Au Yucatan, les encomiendas privée furent permises jusqu’en 1786.

    [4] Karen D. CAPLAN, « The Legal Revolution in Town Politics: Oaxaca and Yucatán, 1812-1825 ». The                           Hispanic American Historical Review. Vol. 83, No. 2, North Carolina, May 2003. p. 256.

    [5] Lilian Estelle FISHER, « The Intendant System in Spanish America ». The Hispanic American                              Historical Review. Vol. 8, No. 1, North Carolina, febuary 1928. p. 4.

    [6] José de Gálvez (1720-1787), réformateur espagnol et inspecteur général en Nouvelle-Espagne. Il introduisit plusieurs changements importants, tant économiques que gouvernementaux, au sein de l’administration de la vice-royauté.

    [7] « Visiteur général », inspecteur pour la couronne espagnole.

    [8] « Commerce libre », politique de libre échange.

    [9] Pablo Emilio PÉREZ, & Mallaina BUENO. Comercio y autonomia en Yucatan, 1797-1814. Public                         escuela                de estudios Hispanio-Americanos, Sevilla, 1978. p. 217.

    [10] Jacques A. BARBIER, « The Culmination of the Bourbon Reforms, 1787-1792 ». The Hispanic                               American Historical Review. Vol. 57, No. 1, North Carolina, Febuary                1977. p. 51.

    [11] Lilian Estelle FISHER, « The Intendant System in Spanish America ». The Hispanic                American                             Historical Review. Vol. 8, No. 1, North Carolina, febuary 1928. p. 5.

    [12] Ibid.

    [13] MEYER, SHERMAN, DEEDS. The Course of Mexican History. Oxford, Oxford University Press, 1999.       p. 251.

    [14] FISHER, Op. Cit. p. 7.

    [15] Lilian Estelle FISHER, « The Intendant System in Spanish America ». The Hispanic                 American                             Historical Review. Vol. 8, No. 1, North Carolina, febuary 1928. p. 7.

    [16] FISHER, Op. Cit. p. 10.

    [17] Karen D. CAPLAN, « The Legal Revolution in Town Politics: Oaxaca and Yucatán, 1812-1825 ». The                           Hispanic American Historical Review. Vol. 83, No. 2, North Carolina, May 2003. p. 256.

    [18] Envoyés de la couronne espagnole censés faire respecter les lois dans la colonie, aussi juges ordinaires nommés par le roi comme assesseurs d’un corregidor.

    [19] Lilian Estelle FISHER, « The Intendant System in Spanish America ». The Hispanic                 American                             Historical Review. Vol. 8, No. 1, North Carolina, febuary 1928. p. 10.

    [20] Voir carte en annexe page 15.

    [21] Pablo Emilio PÉREZ, & Mallaina BUENO. Comercio y autonomia en Yucatan, 1797-1814. Public                         escuela                de estudios Hispanio-Americanos, Sevilla, 1978. p. 26.

    [22] Ibid. p. 27.

    [23] Ibid. p. 3.

    [24] Robert W. PATCH, « Agrarian Change in Eighteenth-Century Yucatan ». The Hispanic American                              Historical Review. Vol. 65, No. 1, North Carolina, 1985. p. 31.

    [25] Nancy M. FARRIS, « Indians in Colonial Yucatan: Three Perspectives », Spaniards and indians in                             Southeastern Mesoamerica: Essays on the History of Ethnic Relations. Murdo J. Mac Leod &                     Robert Wasserstrom, University of Nebraska Press, 1983. p. 14.

    [26] Voir carte en annexe page 16.

    [27] Nancy M. Farris. Maya Society Under Colonial Rule, The Collective Enterprise of Survival, Princeton                              University Press, New Jersey, 1984. p. 356.

    [28] Robert W. PATCH,  « Agrarian Change in Eighteenth-Century Yucatan ». The Hispanic American                              Historical Review. Vol. 65, No. 1, North Carolina, 1985. p. 44.

    [29] FARRIS, Society Under Colonial Rule, The Collective Enterprise of Survival, Op. Cit., p. 357.

    [30] Village espagnol pour les population indigènes d’Amérique, généralement de moins de 1000 acres (1 hectare = 2.47 acres).

    [31] Ferme d’élevage espagnole.

    [32] FARRIS, Society Under Colonial Rule, The Collective Enterprise of Survival, Op. Cit., p. 55.

    [33] Nancy M. Farris. « Indians in Colonial Yucatan: Three Perspectives », Spaniards and indians in                             Southeastern Mesoamerica: Essays on the History of Ethnic Relations. Murdo J. Mac Leod &                     Robert Wasserstrom, University of Nebraska Press, 1983. p. 24.

    [34] Lilian Estelle FISHER, « The Intendant System in Spanish America ». The Hispanic                 American                             Historical Review. Vol. 8, No. 1, North Carolina, febuary 1928. p. 13.

    l'Intendance au Yucatan, changements et continuité pour les Mayas

    Introduction

    Au début du 18ème siècle, l'administration des colonies espagnoles était peu compliquée. Le Mexique, comme les autres possessions américaines de l'Espagne, relevait du Conseil des Indes siégeant à Madrid. Il formait une des quatre vice-royautés, la vice-royauté de la Nouvelle-Espagne. Le vice-roi assisté d'un conseil avait au-dessous de lui des gouverneurs de provinces assistés également de conseils provinciaux. Au départ, les officiers et conseillers étaient nommés par le Conseil des Indes mais à partir du 17ème siècle les corregidores[1] pouvaient acheter leurs charges. Les gouverneurs choisissaient eux-mêmes leurs lieutenants.

    À la fin du 18ème siècle, les gouverneurs de provinces furent remplacés par des Intendants assistés chacun d'un assesseur. C’est afin d’enrayer la corruption des corregidores et des petits juges que ce système fut mis en place. Les corregidores achetaient leurs titres et fonctions et recevait une rente dérisoire. C’est principalement pour cette raison qu’ils pratiquaient le repartimiento de efectos[2] afin de s’enrichir aux dépens du Trésor, ce qui en laissait fort peu pour la couronne. Les nouveaux Intendants cumulaient des pouvoirs politiques, judiciaires, financiers et militaires; et ce, afin de délester le vice-roi qui, à l’époque, croulait sous ses obligations envers la métropole. Cette nouvelle entité administrative que fut l’Intendance avait à sa tête l’Intendant général, qui était assisté de douze Intendants provinciaux, qui eux, étaient assistés par des sous-délégués dans chacune des provinces.

    Nous établirons d’abord, à partir du contexte socio-politique, les motifs qui incitèrent la métropole espagnole à implanter l’Intendance en Nouvelle-Espagne; ainsi que le rôle des Intendants dans l’administration générale et locale. Nous examinerons ensuite comment ce système considérait la population Maya. Nous illustrerons enfin le tout en analysant plus particulièrement l’implantation de l’Intendance au Yucatan en 1786. Bon nombre d’historiens se sont penchés sur l’étude de cette période. Nancy Farris et Robert Patch ont travaillés sur le même sujet et avancent tous deux des conclusions distinctes dont nous traiterons en fin d’analyse. L’ouvrage de Lilian Estelle Fisher regorge d’informations et de faits entourant le questionnement qui sera ici analysé.

    Le principal revenu du Mexique provenait des mines. Elles appartenaient au roi d'Espagne qui en faisait exploiter une partie et louait les autres à des compagnies privilégiées, moyennant une part des métaux extraits. Il n’y avait cependant aucune mine au Yucatan et c’est pourquoi les producteurs regroupèrent la population indigène en encomiendas,[3] afin de rendre l’exploitation de ce territoire possible et rentable. Le régime de l’Intendance représenta un changement majeur par rapport au système des encomiendas. La population indigène passa ainsi d’un système quasi-féodal (le système des encomiendas était fait de concessions sur lesquels les mayas devaient travailler pour l’encomendero) à une structure de production beaucoup plus intensive.[4] Nous démontrerons donc que les motifs qui incitèrent la métropole espagnole à implanter le système de l’Intendance dans ses colonies d’Amérique furent d’ordre politique autant qu’économique et que le sort des mayas ne fut que peu pris en compte dans ce processus. 

    I-  Instauration et définition de l’Intendance

    Le contexte socio-politiqueAu 18ème siècle, le besoin d’une réforme coloniale en Amérique espagnole devint évident. L’ancienne administration était désuète, inapte à prévenir la corruption et le vice-roi avait grandement perdu de l’influence. Ce dernier était surchargé de travail à cause de complications gouvernementales survenues dans la métropole et ses subordonnés n’agissaient plus que par intérêt personnel. Les plus petits administrateurs ne recevaient qu’une rente minime et n’hésitaient pas à s’enrichir au dépend du Trésor Royal et même à tyranniser les populations autochtones et métisses. [5] Les dirigeants d’Espagne formèrent alors des projets de réforme pour leurs colonies d’Amérique. Les réformateurs de la famille des Bourbons décidèrent d’appliquer les principes français de centralisation. Ce fut Charles III qui introduisit l’Intendant en Amérique hispanique. La première Intendance crée fut à La Havane en 1764. Au départ, les fonctions de l’Intendant n’étaient pas clairement définies et il y eut quelques frictions entre eux et la population locale, mais les décrets royaux de 1765 et de 1767 affirmèrent davantage leurs devoirs et responsabilités. Charles III décida alors d’implanter le système de l’Intendance à toutes les vice-royautés espagnoles. Le roi prévoyait ainsi augmenter le rendement de ses colonies et donc la prospérité de l’Espagne.

    Entre 1787 et 1790, les réformes furent caractérisées par le transfert des pouvoirs du conseil des Habsbourg, au ministère des Bourbons. Les décrets de Charles III en 1787, visaient à établir l’union et l’égalité des colonies et de l’Espagne. En 1790, ces aspirations furent mentionnées en un arrêt qui abolissait les anciennes pratiques et qui donnait l’autorité à chaque ministère de la péninsule selon leurs compétences respectives. En 1787, José de Gálvez[6] fut envoyé en tant que visitador general [7] en Nouvelle Espagne. Il avait l’ordre de faire du système politique et économique de la colonie un système qui soit uniforme et compatible avec celui de la métropole. Les changements administratifs étaient étroitement liés aux réformes économiques et politiques telles que l’Intendance. En 1789 fut effectuée l’extension complète et définitive du comercio libre[8] en Nouvelle Espagne. Entre 1797 et 1814, la situation politique de la métropole, en constant état de guerre, entraîna une rupture quasi complète des communications hispano-américaines.[9] L’invasion de la péninsule ibérique par Napoléon et l’abdication forcée de Charles IV et de Ferdinand VII en 1808 menacèrent l’unité de l’empire espagnol et affirmèrent la nouvelle orientation des affaires coloniales.[10]

    Création de l’Intendance

    José de Gálvez, visiteur général de la Nouvelle-Espagne, planifia un gouvernement qui allait être militairement indépendant. Il fut chargé d’instruire la population quant au fonctionnement du nouveau système. Gálvez, en tant que ministre des Indes, eut une part active dans la constitution des ordonnances concernant les Intendants, et ce tant pour Buenos Aires que pour le Mexique.[11] Face à la bureaucratie corrompue de la colonie, Gálvez proposa le système des Intendants et des sous-délégués. Ce système avait déjà bien fonctionné pour la France et fut ainsi aussi utilisé par les Bourbons dans leurs colonies espagnoles.

    Ce fut en 1786 que Charles III assigna douze Intendants et plus de cent sous-délégués pour remplacer les quelques 200 gouverneurs, maires et corregidores du Mexique. La réforme décrétée par les Bourbons misait sur la centralisation, l’ordre et l’efficacité. Les Intendants envoyés en Nouvelle-Espagne furent chargés de contrôler les monopoles royaux, de collecter les taxes et de veiller à tout ce qui concernait les intérêts du Trésor Royal dans la colonie; ce qui incluait la suppression de la contrebande. Les nouvelles responsabilités liées à cette fonction devaient améliorer l’administration des districts, appelés Intendances. Elles incluaient donc des réformes quant à l’application de la justice, à la gestion économique des revenus et du Trésor, à la construction et à l’entretient des édifices publics et à la défense des colonies espagnoles. L’ordonnance des Intendants de 1786 établissait un code de lois civiles et politiques et stipulait que toutes les autres lois contraires aux nouvelles devaient êtres abolies.[12] Les sous-délégués, à la différence des Intendants, ne recevaient pas un salaire adéquat et revinrent rapidement aux tactiques d’extorsion qui étaient employées auparavant par les corregidores. Les réformes économiques réussirent néanmoins à stimuler et augmenter la productivité dans la colonie. Alors que les pouvoirs du vice-roi et des juges d’audiences diminuaient, l’influence des Intendants devint considérable.[13] Quelques opposants au système de l’Intendance espérèrent que cette innovation serait supprimée après le décès du ministre Gálvez.

    Les fonctions de l’Intendant

    Douze Intendances et trois provinces furent formées en Nouvelle-Espagne. À l’intérieur de ces divisions territoriales, les Intendants avaient la responsabilité des finances et en répondaient directement à l’Intendant général, qui à son tour répondait au Conseil des Indes. Les subdivisions à l’intérieur des Intendances étaient nommées partidos.[14]

    Les Intendants demeuraient subordonnés au vice-roi en ce qui concernait l’administration générale, l’instruction publique, les affaires juridiques et les affaires militaires. Les Intendants devaient délester les vice-rois de leurs charges devenues trop lourdes. Les Intendants étaient mieux informés et plus spécialisés dans leurs tâches, ils pouvaient assister le vice-roi à la collecte des divers revenus, à l’administration de la justice, ainsi qu’au sujet de divers enjeux économiques. En ce qui concerne la justice, les Intendants étaient assistés d’assesseurs formés en ce domaine. Les Intendants s’occupaient personnellement des causes concernant le Trésor Royal et les finances. Les affaires de première instance pouvaient cependant être portées en appel de leurs décisions. Pour toutes ces raisons, et vue l’importance des responsabilités, les Intendants devaient être choisis avec soin parmi des sujets de naissance espagnole d’Espagne, car ceux-ci étaient considérés plus efficaces que les métis et les autochtones. Paradoxalement, les Intendants devaient protéger les métis et les autochtones afin d’éviter que les sous-délégués ne les tyrannisent comme le firent les alcades mayores avant eux. L’établissement du système de l’Intendance limitait les pouvoirs du vice-roi en lui retirant sa complète autonomie quant aux affaires économiques.[15]

    Le département des finances était spécialement dévolu aux Intendants. Ces derniers devaient en plus surveiller les notaires afin qu’ils ne falsifient pas les documents, superviser la gestion des fonds publiques et conserver un livre des comptes sur leurs partidos. Les Intendants avaient le pouvoir de décider de la sélection des employés aux fonctions officielles et celui également de les renvoyer en cas d’incompétence ou de mauvaise conduite. En ce qui concerne les affaires militaires, les Intendants devaient gérer tout ce qui impliquait des dépenses nécessaires. Les Intendants payaient le salaire des troupes, fournissait le matériel et le ravitaillement nécessaires ainsi que le logement et les hôpitaux aux contingents. Les Intendants veillaient aussi à la réparation des fortifications et devaient trouver des fonds à cette fin.[16]

    II – Changement et continuité L’Intendance dans les villes et villages

    Les Indiens des campagnes, formaient des communautés où les gens de race blanche n'avaient pas le droit de s'établir. Chacun de ces villages était gouverné par le cacique qui recueillait les taxes, jugeait et partageait le travail. Les caciques étaient, d'après la loi, sous le contrôle des curés, et c'est à ceux-ci qu'appartenait en réalité l'influence sur la population indienne.

    De récentes études ont démontré que les années entre 1808 et 1821 ont constitué un moment crucial pour le développement de politiques locales dans les régions du Mexique. Ce fut à cette époque que beaucoup de paysans et de villageois, par leur participation aux mouvements des insurgés, acquirent une compréhension ainsi qu’un intérêt face à la politique coloniale. Ces études ont aussi démontré l’importance de la constitution de 1812, qui institua de réels changements dans les relations politiques entre les différentes localités.[17]

    Un changement complet fut effectué dans l’administration locale. Les sous-délégués remplacèrent les corregidores et les alcaldes mayores[18] qui avaient abusés depuis trop longtemps des finances royales. Le bon fonctionnement du nouveau système dépendait largement de ces nouveaux sous-délégués, car la bonne gestion des gouvernements locaux était à la base des administrations nationales prospères. En 1790, le système de l’Intendance était appliqué à toute l’Amérique hispanique.

    Les Intendants devaient faire régulièrement la visite des leurs partidos afin d’assembler l’information permettant d’améliorer l’agriculture, de développer les industries, le commerce et les mines. Les Intendants ou leurs lieutenants présidaient toutes les séances des conseils municipaux et les divers événements publiques des leurs capitales. Les Intendants devaient portés une attention particulière au bien-être de leurs sujets et à leurs bonnes mœurs. Ils devaient aussi veiller au bon développement des industries qui étaient autorisées dans la colonie. Tous les deux mois, ils fournissaient un rapport sur l’état des récoltes au vice-roi et à l’Intendant général. Ils veillaient à ce que les ponts et routes soient construits et entretenus, que des auberges soient construites pour les voyageurs et au maintien de la sécurité des villes et campagnes.

    En ville, ils supervisaient le nettoyage et le pavage des rues, la construction et la réparation des édifices publiques, le maintien de réserves en eau suffisantes, la protection contre les incendies et, enfin, ils devaient veiller à ce que la monnaie ne soit pas contrefaite.[19]

    Le cas du Yucatan

    En 1786, l’Intendance remplaça l’ancien gouvernement au Yucatan. Selon la loi, cette Intendance était constituée de trois partidos, Mérida, Campeche et Tabasco.[20] En réalité le territoire était administré depuis la ville de Mérida, capitale de l’Intendance où officiait le gouverneur général. Tabasco avait son propre gouverneur et le lieutenant du roi résidait à Campeche. Le maïs constituait la presque totalité de l’alimentation des indigènes mayas et représentait donc la principale production agricole de l’Intendance. La production bovine y était aussi très importante. San Francisco de Campeche était la région la plus importante économiquement et son port était la porte d’entrée et de sortie du Yucatan. Cette région effectuait la presque totalité des communications maritimes ainsi que les liaisons avec les pays voisins et la métropole.

    À partir de 1789, suite à l’extension du commerce extérieur, l’Intendance du Yucatan effectua des échanges commerciaux avec Veracruz et La Havane. Beaucoup de secteurs économiques n’accordèrent cependant pas le mérite qui était dû aux transformations technologiques en cours à cette époque. Les diverses responsabilités des Intendants ne leurs permirent pas de porter une attention suffisante à la promotion économique de leur région. Ainsi, tenter d’atteindre les objectifs de rentabilité de la métropole leur semblait suffisant. Selon le recensement de Gálvez en 1789, l’Intendance comptait 364 621 habitants. L’Intendant y distingue les différents groupes sociaux qu’il répartit en différentes castes :

    Composition de la population de Yucatan         

                  53 866            espagnoles et métisses (15%)

                            264 955            indigènes (73%)

                              45 201 noirs et mulâtres (12%)

    599                   religieux et religieuses

     

    Total :            364 621            habitants dans l’Intendance[21] 

    D’après ces statistiques, il ressort clairement que moins de 15% de la population du Yucatan exploitaient à leur profit 75% de la population totale. Pour la seule ville de Mérida, le rapport entre les indigènes et les espagnoles est de 53% par rapport à seulement 11,8%. 

    Habitants de Mérida            27 829 au total répartis comme suit :

                Européens            126

                Espagnoles        3 286

                Indigènes            14 751

                Mulâtres            3 416

                Autres               6 250[22] 

    En 1795, la population avait augmentée et atteignait 394 090 habitants. L’année 1814 fut très importante pour le Yucatan; l’Intendance ouvrit définitivement ses portes au commerce étranger, rompant ainsi un monopole espagnol de plus de trente ans.[23] Ces diverses réformes modifièrent sensiblement la situation et la qualité de vie des peuples autochtones, intégrés malgré eux à ces changements administratifs.

    Les implications pour la population maya

    L’établissement espagnol aux 16ème et 17ème siècles coïncida avec un important déclin de la population maya. Au 18ème siècle il y eut cependant un retournement de situation alors que vers 1750 le nombre d’autochtones connut une rapide augmentation qui se poursuivit jusqu’au milieu du 19ème siècle. Cette situation fut rendue possible par une économie interne et externe florissante. La nécessité de trouver de nouvelles étendues cultivables se fit rapidement sentir afin de subvenir aux besoins d’une population en pleine expansion. Dans la partie ouest du Yucatan, les ouvriers agricoles devaient conclure des arrangements avec les grands propriétaires afin de pouvoir travailler sur leurs terres. Les campagnes devaient approvisionner les villes comme Mérida, Campeche et Valladolid qui étaient de plus en plus peuplées. En 1794, Mérida comptait 26 723 habitants et plus de 30 000 en 1807. Entre 1700 et 1794 la population totale du Yucatan passa d’environ 200 000 habitants à plus de 350 000 habitants.[24] Avant l’introduction de l’Intendance au Yucatan, en 1786, chaque communauté indigène traitait directement avec le gouverneur et ses assistants. Les réformes des Bourbons à la fin du 18ème siècle renforcèrent le contrôle de la métropole sur la colonie et menaça sérieusement la relative autonomie que certaines populations indigènes avaient jusqu’alors réussi à conserver.[25] Le système des encomiendas fut abolit, en 1785, et remplacé par celui des haciendas qui étaient des unités sociales et économiques au sein desquelles les autochtones représentaient la plus importante force de travail et la base de l’économie. Les haciendas furent implantées en plus grand nombre dans la partie ouest de la péninsule du Yucatan.[26]

    Les chercheurs discutèrent longtemps des conséquences des réformes sur la vie des Mayas. Nancy Farris soutenait que l’établissement d’indigènes sur les grands domaines dirigés par des propriétaires indépendants au 18ème siècle ne représentait en fait qu’un changement administratif mineur.[27] Cela fut peut-être vrai au départ mais c’est sans tenir compte des réelles conditions de travail des autochtones. Toutefois, à long terme, l’établissement des haciendas représenta un changement si important pour les ouvriers agricoles, qu’ils finirent par y être complètement dominés par les propriétaires.[28] Le changement qui affecta le plus les population indigènes fut la nomination des sous-délégués qui, rattachés à chaque partido, permettait à la population un contact plus direct avec les nouveaux employés administratifs. À plusieurs endroits, les sous délégués étaient d’anciens corregidores ou alcaldes mayores revêtus de nouveaux titres mais sans réel changement dans leur fonction. [29] L’Intendance présentait néanmoins un élément de continuité pour la population maya. Les indigènes qui vivaient dans les estancias et les haciendas ne se détachaient pas réellement de leurs pueblos.[30] Ils créèrent de petits regroupements sur les estancias[31] et demeurèrent socialement et administrativement liés aux pueblos.[32]

    Robert Patch précise par contre, que les haciendas offraient une certaine forme de sécurité aux ouvriers, parce qu’elles disposaient de réserves qui pouvaient être distribuées en cas de famine.[33]